Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 4)

Et Arthur Paichereau dans tout ça ? C’est simple il enregistre tout ce beau monde dans son repère, le studio “L’abri 101” qui tourne à plein régime, imaginez 70 albums en 5 ans. Le lieu devient progressivement un endroit hybride et multi-fonctions, faisant notamment office de salle de répétitions et de résidence. D’ailleurs, le nom du repère n’a pas été choisi au hasard : “Le nom vient du jeu vidéo « Fall-Out », un jeu inspiré de Mad Max qui décrit la survie du héros dans un monde post-apocalyptique. Le 3e opus commence dans un bunker, le fameux « Abri 101 ». Le nom lui plaisait bien car c’était l’idée d’un bunker anti « tout ce qui se passe culturellement à grande échelle ». Un lieu de protection contre le reste en quelque sorte…”.  Ce lieu assez génial a d’ailleurs déjà eu plusieurs vies, d’abord basé à la Cherterie, il a ensuite bougé à l’ancien poulailler de Vezin-le-Coquet et sera bientôt basé en forêt de Brocéliande (à partir de janvier 2017). Il faut bien préciser qu’enregistrer du rock garage n’est pas une mince affaire devant le peu de moyen financier que dispose les groupes en général. Ainsi Arthur Paichereau doit souvent réaliser des enregistrements de qualité à coût limité et assez rapidement, c’est tout un art, c’est l’art du garage! “J’utilise un matériel analogique-numérique. C’est-à-dire que j’enregistre tout en analogique puis je numérise tout sur ordinateur via des convertisseurs. J’ai aussi un bon petit système son avec des enceintes monitoring B&W comme à Abbey Road. Et bien-sûr plein de micros et de pièces…”. Arthur Paichereau nous donne d’ailleurs quelques exemples de durée d’enregistrements si un jour vous êtes partants chers lecteurs à vous lancer dans cette frénésie garage: “Par exemple, le duo rennais Combomatix, c’est 2 jours d’enregistrement et 2 jours de mixage et l’album est torché. Regal, ça prend plutôt une semaine de prise de son puis 2 semaines de mixage intensif. Un groupe comme Sudden death of star qui compte lui 7 musiciens, ça prend 2 semaines de prise et 4-5 semaines de mixage”.

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 3)

Avec ce coup d’éclat, tout va alors aller très vite. Arthur Paichereau est de plus en plus sollicité pour enregistrer les groupes. Le petit hic, c’est que malgré tout ce qui passe, Arthur Paichereau est encore assez novice dans le rock garage. Il connaît bien sûr les bases avec par exemple les Kinks et les Sonics, des références mais des références qui ne sont plus trop d’actualité. Il est bien sûr carrément fan des Oh Sees (Thee Oh Sees), de Ty Segall et des Black Lips (référence pour Sapin qui sont devenus Sapin en les écoutant) mais bon, ça lui parait assez sommaire pour passer à l’étape suivante. Heureusement, à Rennes, Place Saint-Anne, un homme a le savoir, il s’appelle Sebastien Blanchais alias « Seb Bomb Boogie », Boogie pour les intimes. Il tient le label Beast Records et travaille à Rockin Bones: On est tous allés le voir en lui disant qu’on voulait tous faire ce qu’il fait depuis 15 ans, on voudrait promouvoir la même musique que celle que tu défends à travers tes groupes et ton label. Aide nous ! Il était super content car ça commençait à descendre un peu et là il a vu 20 groupes de jeunes débarquer les uns après les autres chez lui… Boogie ça a été une étape importante, il nous a vraiment aidés. Il nous a parrainés, il a sorti des groupes, il a donné des conseils”.

Et voilà qu’en deux temps, trois mouvements, les labels locaux ou organisateurs de festivals comme Beast Records, Beating recording, Twist Kominterm ou Banana Juice, commencent à adhérer au rock garage, à faire signer les groupes et à les faire tourner et c’est ainsi qu’à Rennes pas moins de un ou deux concerts garage ont lieu par semaine à partir de 2012-2013. “A partir de ce moment-là, tout a décollé, on se voyait tous, tout le temps, dans une émulation saine car il y avait de la place pour tout le monde… Ca a créé une communauté, on faisait venir des têtes d’affiche européennes ou américaines comme les Growlers, les Dead Ghosts… Au Sympathic, on faisait 180 entrées, ce qui payait les groupes”. Et c’est cette communauté qui différencie le rock garage rennais des autres. Il y a bien sûr d’autres places fortes en France, mais chacune d’elles est principalement portée par un groupe emblématique. Citons par exemple Bordeaux portée par JC Satan ou Perpignan par Jack of Heart (groupe d’ailleurs totalement barré). A Rennes, c’est différent, il y a un amas de groupes, chacun portant et aidant l’autre, le principal n’étant pas de prendre la place de l’autre et de s’accaparer le leadership  mais plutôt de jouer ensemble le plus souvent possible et donc l’objectif commun est de trouver plein d’endroits pour jouer. Bien sûr, au bout d’un moment, inéluctablement des groupes sortent du lot, à l’image des Madcaps ou Kaviar Special….

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 2)

Et voilà que nos compères se lancent, à partir de l’été 2012, dans l’organisation de concerts (1 à 2 fois par mois) et même d’un festival !  Innocence quand tu nous tiens ! Et ça marche ! Car Rennes et sa campagne fourmillent de groupes rock garage qui sont toujours friands de nouveaux endroits pour jouer. En effet, le garage connaît à Rennes un renouveau assez inattendu en 2010, des dizaines de groupes se créent (et certains disparaissent d’ailleurs aussi dans la foulée), un public d’accros  se forme, ça s’emballe un peu de partout, à tort ou à raison,  et voilà comment le rock garage s’installe à Rennes. Profitant de cet épiphénomène, ce premier festival organisé par nos joyeux lurons, c’est en quelques chiffres (même si on n’aime pas ça dans le rock garage !),  11 groupes en 2 jours, 120 personnes en résidence tout le WE et accessoirement 14 futs de bière! La programmation est terrible après coup : la première mouture de Versatil Monster (Arthur à la batterie, un de ses autres coloc’ au clavier),  Sapin, Kaviar Special (un de leurs premiers concerts), Rigg (devenu Dragster par la suite), Catfight… Les groupes se connaissent très peu entre eux à l’époque mais qu’importe comme le relate Arthur Paichereau “On ne se connaissait pas beaucoup. Chouette, Sapin et Versatil Monster, on est des groupes de campagnards mais tous les autres c’est Rennes. On s’entend très bien depuis. L’esprit est légèrement différent à la campagne car on en a juste un peu encore moins à foutre qu’eux… C’est sans doute pour cela qu’avec Sapin, ça a fonctionné dès le début car on en a vraiment mais vraiment rien à foutre de la suite, de ce que le groupe va devenir…”. Avant de surenchérir “Les groupes tels que Chouette, Sapin et Versatil Monster mais aussi tous les autres, on en avait à l’époque rien à faire de l’image qu’on montrait, on voulait juste se marrer et faire marrer, il n’y avait pas de lendemain, on ne réfléchissait pas les groupes dans le temps, le groupe pouvait s’arrêter, on en remontait un dès le lendemain…”. C’est cool n’est-ce pas le rock garage…

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 1)

Chers lecteurs, ça vous tente une petite virée dans le rock garage, ce rock indéfinissable et insaisissable qui traverse les époques sous différentes formes, qui se renouvelle sans cesse, qui explose de temps en temps pour mieux se reconstruire et qui suite à diverses circonstances a décidé de faire une halte à Rennes pour notre plus grand bonheur ?

Mais comment la capitale bretonne est-elle devenue un des bastions du rock garage en seulement 4-5 ans? C’est ce qu’on vous propose de vous relater, mais pour cela, il nous fallait un gars, un gars qui a connu tout ça de l’intérieur et ce gars existe pour de vrai, son nom est Arthur Paichereau. Vous ne le connaissez pas encore, mais après cet interview, j’espère que vous n’aurez qu’une envie, celle de le rencontrer et lui offrir un verre pour en savoir plus car l’histoire du rock garage est en marche et c’est vraiment le moment de prendre le train en marche si ce n’est pas encore fait car le rock garage n’attend pas, il fonce et ne s’arrête jamais…

Sans vous dévoiler toute l’histoire mais pour vous mettre en haleine chers lecteurs, précisons qu’Arthur Paichereau a produit pas moins de 60 albums rock garage ces dernières années, a monté un studio (“‘L’abri 101”), est musicien dans deux groupes Versatil Monster et Electric Nettles, et est accessoirement très bavard, donc on peut dire qu’il est l’homme de la situation.

Arthur Paichereau est né à Bédée en 1989, commune située à une vingtaine kilomètres au nord-est de Rennes. Passionné de musique depuis tout petit, il débute bien évidemment par la guitare avant de prendre son pied avec d’autres instruments “J’ai appris la guitare en regardant et en écoutant mon père. J’ai pris une gratte quand j’avais 12 ans, j’ai fait un peu de solfège à 18-19 ans, batterie et violoncelle sont les instruments que je préfère. Quand tu es entouré d’excellents batteurs, tu apprends par diffusion et ça va vite… Je pense me mettre au violoncelle bientôt”. Puis il s’oriente vers des études de musique et part à Nancy apprendre le métier d’ingénieur du son, avant de décider de revenir en Bretagne en 2010 comme tout bon breton qui se respecte. L’enregistrement live le branche plus que le pur travail de studio et ceci expliquera pourquoi il sera tant plébiscité par les groupes garage déjà existants ou en devenir (un raccourci rapide serait de dire “enregistrer un groupe garage est un peu comme sonoriser en live un groupe de rock…”).  De retour en Ille-et-Vilaine, notre super-héros cherche alors un appart en coloc’, et le voilà qui atterrit au lieu-dit la Cherterie à l’Hermitage en compagnie de deux “zozos”. Sauf que ces deux zozos ont une passion, le rock garage, l’histoire est en marche. Ils lui font partager leur passion surtout qu’ils font partie d’un groupe les Blackjack Davy qui joue une sorte de rock sixties, un peu bourrin et très gogol qui deviendra rapidement Sapin. Arthur Paichereau fait alors ses gammes avec eux, il se met à la batterie mais surtout emprunte du matériel pour enregistrer leur première maquette. Et c’est là qu’un deuxième coup du destin va se produire car suite à une erreur administrative, Arthur Paichereau reçoit une « coquette » somme d’argent (merci Pôle Emploi !) qu’il décide d’investir sans se poser de questions (l’esprit rock garage)  dans l’achat de matériel de sono et de prise de son…

Suite des aventures dans 3 jours…

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Teaser)

A partir de demain débarque sur le site d’Off\On ! un ovni littéraire et musical, une sorte de road trip sur le rock garage rennais. Attachez vos ceintures, ça va être terrible… En guise d’introduction, une petite playlist avec quelques protagonistes qui vont vous faire rougir de plaisir dans les semaines à venir…

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

 

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Off\On #8 : retour enchanté

Crédits photos : Ben Cozik

3ième édition de notre formule expos photo / concert et troisième coup de cœur  en ce samedi 13 Mai 2017 !

Définitivement, ces photos d’artistes sur scène ou en portrait valent le détour, alors n’hésitez pas à faire une petite halte pour les contempler. Elles seront visibles jusqu’au 03 juin au sein de  notre belle médiathèque de Saint-Aubin-du-Cormier.

Un grand Merci au photographe Renan Péron d’avoir pris part à notre souhait, que ton talent perdure…

Réunir dans un même lieu culturel  l’image et le son ne serait envisageable sans l’enthousiasme d’Anne-claire Vilbert,  responsable de la médiathèque à qui nous adressons un Merci sincère.

Les deux sets de Sylvain Texier du groupe The Last Morning Soundtrack au vernissage de l’expo photo et plus tard au bar associatif le bar d’à côté (appelé aussi  par les intimes et fidèles le « Bardac ») ont marqué les esprits.

Nous ne remercierons jamais assez Sylvain Texier pour ses deux concerts où son univers musical nous a permis de nous évader et de nous sentir plus léger et contemplatif.

Et puis bien sûr, nous avons pris possession du bardac toute la soirée et c’est en toute logique que nous  remercions aussi toute l’équipe bénévole impliquée pour leur confiance renouvelée et leur fidélité auprès de nos projets.

Nous vous donnons rendez-vous le samedi 17 juin sur notre scène Off\On !  lors de la prochaine Fête de la Musique à Saint Aubin du Cormier.

Off\On !

Petit bonus : voici le lien musical du  nouveau projet de Sylvain Texier, Ô Lake :

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