Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 7)

 

Et l’aventure de Arthur Paichereau et de toute cette scène garage ne semble pas prête de s’arrêter (enfin on ne sait jamais avec le garage) et est toujours en perpétuelle mutation. Arthur finalise un nouveau projet de résidence-studio près de Saint-Brieuc, l’idée étant de mettre les musiciens dans les meilleurs conditions pour enregistrer (en gros le concept serait flâner, enregistrer, flâner, enregistrer…). Et quand on lui demande si dans le garage, on a aussi des objectifs et des plans de carrière, il nous répond sans concession “ On a des objectifs, c’est pas parce qu’on s’en fout du lendemain qu’on en a pas. Au début c’était jouer à Rennes et rencontrer du monde, paf ! On joue à Rennes et on rencontre du monde, c’était trop bien ! Ensuite faire venir des gens dans le studio et faire jouer un maximum de groupes… 70 albums de tous genres (principalement garage mais aussi de chanson, musique bretonne, jazz…) en 5 ans, c’est pas mal, ça commence à tourner ! Après on se dit, qu’est-ce-qu’on va faire ? On va commencer à tourner en France, tous les groupes ont fait des petites tournées en France, Black Boys on Moped, Sapin, Kaviar, Madcaps tout le monde a tourné. Après on s’est dit l’Europe ! Certains sont partis en Angleterre, d’autres en Espagne, Belgique, Italie, Allemagne, certains ont un peu tout fait, la Suisse c’est trop bien et après c’était jouer dans nos festivals préférés, Binic c’était un de nos objectifs ! Ça c’est un but ultime !  « Jouer à Binic, on peut mourir maintenant ! ». Et de continuer “Les Trans, Kaviar y est passé l’an passé,  Chouette et Madcaps y sont cette année. C’est des objectifs, c’est ça nos objectifs, c’est des petits objectifs qu’on fait pas à pas et sans aucun moment se dire qu’on va vivre de ça, on ne se met pas de pression, on se dit pas si on joue pas aux Trans ça fait chier. A un moment on fait le bilan, on se dit, là on en envie d’y retourner car c’était trop bien, là non, on fait un tri, quels endroits on va en tant que spectateur et où on rêve de jouer, Binic et les Trans c’est sûr, personne d’entre nous n’a envie de jouer aux Vieilles Charrues, même si ça se produit, on ne dirait pas non bien entendu… Je ne serais pas à l’aise dans un lieu qui met autant d’argent dans la programmation pour quelques groupes… L’argent est une fin en soi, le groupe vaut tant, on le prend, il n’y a pas de programmation de cœur, ce n’est pas la vision que j’ai ! Binic 60000 personnes est un festival qui accueillent 30 groupes et je connaissais pas 15 des groupes programmés, ça c’est génial, comme les Trans… C’est dans ce genre de festivals qu’on a envie de jouer !”

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 6)

Et en tant que musicien, le succès est de nouveau au rendez-vous avec un deuxième album Versatil Monster sorti sur  Beast Records et Azbin Records. Il est à noter d’ailleurs la richesse de l’album qui ne limite pas aux fondamentaux du rock garage mais lorgne aussi du côté du surf, du ska voir de la soul et que c’est bon !

Mais la chose pour laquelle Arthur Paichereau est le plus fier, c’est d’avoir été programmé au Festival de Binic le “Binic Folks Blues Festival”, considéré comme la Mecque du garage en France. “ Yes nous y avons joué cette année ! Boogie de Beast Records est co-programmateur de Binic et il nous a fait rencontrer Ludo le directeur du festival qui tient aussi le bar à Binic « le chaland qui passe » et qui organise plein de concerts garage. Et avec Ludo, c’est simple, dès qu’il a un coup de cœur pour un groupe, il le fait jouer au Binic Folk Blues Festival.”Et d’ailleurs Arthur Paichereau en profite pour nous relater ses plus beaux souvenirs du festival : “J’y ai vu mon meilleur concert de rock garage. C’était il y a 4 ans, les Oh Sees. Nous étions 12000 à danser devant. Quelle énergie ! Le taulard à la gratte qui fait la basse, ce batteur tellement stoïque, Brigitte et bien entendu John Dwyer, la formation de cette époque était juste incroyable…”. Et il en profite même pour nous relater une petite anecdote fort sympathique “ Le festival les avait fait venir en 2012. John Dwyer ne connaissait pas du tout. Il a laissé son tourneur faire et d’ailleurs ça a coûté un bras à Binic. Ca a saigné le festival… L’année suivante, John Dwyer a appelé directement Ludo le programmateur du festival en lui disant « votre festival c’est le meilleur festival du monde, je veux revenir, on sera en Angleterre la semaine d’avant, ça coûte 500 balles de nous payer juste l’aller-retour Angleterre-Binic ». Et ça a coûté 500 balles au festival!… Black Diamond Heavies était déjà venu pour 300 euros mais là… Black Diamond Heavies c’est eux qui ont vraiment lancé le festival en 2011, Ty Segall aussi bien sûr, mais après les 2 passages des Oh Sees, le festival est passé de 3000-4000 festivaliers à 12000-13000-15000 par soir, ça fait un petit monde!”

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

 

 

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 5)

Mais en plus de ces talents d’ingénieur du son, Arthur Paichereau en profite aussi pour créer ses propres groupes Versatil Monsters d’un côté, un duo batterie-guitare  avec son acolyte Gwendal Rouxel et Electric Nettles un trio basse/batterie/clavier avec Christophe le guitariste de Chouette, groupe qu’il considère assez barré dans le bon sens du terme bien sûr “C’est complètement barré et on dit « oui » à tout ce que Christophe propose en terme de composition. Hier soir, on a répété une ode à Batman qui dure plus de 8 minutes, avec des changements tout le temps (2 intros, 3 ponts, etc.)”. Et bien sûr, Arthur vit tous ses projets à fond (pas drôle sinon): “En fait mes deux activités principales se nourrissent l’une de l’autre. Ça dépend des moments, je m’investis parfois plus dans mon activité de musicien. Cet été, j’ai énormément privilégié la musique mais là ça me titille d’enregistrer des groupes, j’en ai vraiment envie. Je suis d’autant plus réceptif avec les musiciens lors des prises de son que je me retrouve aussi de l’autre côté du micro ou de l’instrument de temps à autre. Ça aide beaucoup les musiciens à se sentir à l’aise”. Et quand on lui demande s’il se définit plus comme un ingénieur du son qui fait du garage ou l’inverse, il nous répond simplement, en nous donnant sa propre vision du garage : “ J’aime bien faire autre chose aussi, là par exemple, je viens de faire du reggae, du créole jamaïcain et ça me va très bien. A la base, je me diversifiais énormément mais le garage s’est imposé à moi, c’est une musique que j’apprécie beaucoup, que j’aime faire, j’adore l’esprit surtout, le garage est plus qu’un style de musique, c’est un état d’esprit je pense. C’est dur de dire qu’on fait un style garage, c’est du rock en général, c’est plutôt beaucoup la façon dont le mec aborde son sujet qui compte à mes yeux. Dans les années 80, il y avait le garage punk, dans les années 70, c’était plutôt rock hippie, psyché, les années 60 c’était de la pop garage, du surf, les Kinks… Du coup c’est très compliqué de dire, le garage c’est ça ! Le garage  c’est le « DO IT YOURSELF »”.

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 4)

Et Arthur Paichereau dans tout ça ? C’est simple il enregistre tout ce beau monde dans son repère, le studio “L’abri 101” qui tourne à plein régime, imaginez 70 albums en 5 ans. Le lieu devient progressivement un endroit hybride et multi-fonctions, faisant notamment office de salle de répétitions et de résidence. D’ailleurs, le nom du repère n’a pas été choisi au hasard : “Le nom vient du jeu vidéo « Fall-Out », un jeu inspiré de Mad Max qui décrit la survie du héros dans un monde post-apocalyptique. Le 3e opus commence dans un bunker, le fameux « Abri 101 ». Le nom lui plaisait bien car c’était l’idée d’un bunker anti « tout ce qui se passe culturellement à grande échelle ». Un lieu de protection contre le reste en quelque sorte…”.  Ce lieu assez génial a d’ailleurs déjà eu plusieurs vies, d’abord basé à la Cherterie, il a ensuite bougé à l’ancien poulailler de Vezin-le-Coquet et sera bientôt basé en forêt de Brocéliande (à partir de janvier 2017). Il faut bien préciser qu’enregistrer du rock garage n’est pas une mince affaire devant le peu de moyen financier que dispose les groupes en général. Ainsi Arthur Paichereau doit souvent réaliser des enregistrements de qualité à coût limité et assez rapidement, c’est tout un art, c’est l’art du garage! “J’utilise un matériel analogique-numérique. C’est-à-dire que j’enregistre tout en analogique puis je numérise tout sur ordinateur via des convertisseurs. J’ai aussi un bon petit système son avec des enceintes monitoring B&W comme à Abbey Road. Et bien-sûr plein de micros et de pièces…”. Arthur Paichereau nous donne d’ailleurs quelques exemples de durée d’enregistrements si un jour vous êtes partants chers lecteurs à vous lancer dans cette frénésie garage: “Par exemple, le duo rennais Combomatix, c’est 2 jours d’enregistrement et 2 jours de mixage et l’album est torché. Regal, ça prend plutôt une semaine de prise de son puis 2 semaines de mixage intensif. Un groupe comme Sudden death of star qui compte lui 7 musiciens, ça prend 2 semaines de prise et 4-5 semaines de mixage”.

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 3)

Avec ce coup d’éclat, tout va alors aller très vite. Arthur Paichereau est de plus en plus sollicité pour enregistrer les groupes. Le petit hic, c’est que malgré tout ce qui passe, Arthur Paichereau est encore assez novice dans le rock garage. Il connaît bien sûr les bases avec par exemple les Kinks et les Sonics, des références mais des références qui ne sont plus trop d’actualité. Il est bien sûr carrément fan des Oh Sees (Thee Oh Sees), de Ty Segall et des Black Lips (référence pour Sapin qui sont devenus Sapin en les écoutant) mais bon, ça lui parait assez sommaire pour passer à l’étape suivante. Heureusement, à Rennes, Place Saint-Anne, un homme a le savoir, il s’appelle Sebastien Blanchais alias « Seb Bomb Boogie », Boogie pour les intimes. Il tient le label Beast Records et travaille à Rockin Bones: On est tous allés le voir en lui disant qu’on voulait tous faire ce qu’il fait depuis 15 ans, on voudrait promouvoir la même musique que celle que tu défends à travers tes groupes et ton label. Aide nous ! Il était super content car ça commençait à descendre un peu et là il a vu 20 groupes de jeunes débarquer les uns après les autres chez lui… Boogie ça a été une étape importante, il nous a vraiment aidés. Il nous a parrainés, il a sorti des groupes, il a donné des conseils”.

Et voilà qu’en deux temps, trois mouvements, les labels locaux ou organisateurs de festivals comme Beast Records, Beating recording, Twist Kominterm ou Banana Juice, commencent à adhérer au rock garage, à faire signer les groupes et à les faire tourner et c’est ainsi qu’à Rennes pas moins de un ou deux concerts garage ont lieu par semaine à partir de 2012-2013. “A partir de ce moment-là, tout a décollé, on se voyait tous, tout le temps, dans une émulation saine car il y avait de la place pour tout le monde… Ca a créé une communauté, on faisait venir des têtes d’affiche européennes ou américaines comme les Growlers, les Dead Ghosts… Au Sympathic, on faisait 180 entrées, ce qui payait les groupes”. Et c’est cette communauté qui différencie le rock garage rennais des autres. Il y a bien sûr d’autres places fortes en France, mais chacune d’elles est principalement portée par un groupe emblématique. Citons par exemple Bordeaux portée par JC Satan ou Perpignan par Jack of Heart (groupe d’ailleurs totalement barré). A Rennes, c’est différent, il y a un amas de groupes, chacun portant et aidant l’autre, le principal n’étant pas de prendre la place de l’autre et de s’accaparer le leadership  mais plutôt de jouer ensemble le plus souvent possible et donc l’objectif commun est de trouver plein d’endroits pour jouer. Bien sûr, au bout d’un moment, inéluctablement des groupes sortent du lot, à l’image des Madcaps ou Kaviar Special….

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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Venez vous abriter dans le garage d’Arthur… (Épisode 2)

Et voilà que nos compères se lancent, à partir de l’été 2012, dans l’organisation de concerts (1 à 2 fois par mois) et même d’un festival !  Innocence quand tu nous tiens ! Et ça marche ! Car Rennes et sa campagne fourmillent de groupes rock garage qui sont toujours friands de nouveaux endroits pour jouer. En effet, le garage connaît à Rennes un renouveau assez inattendu en 2010, des dizaines de groupes se créent (et certains disparaissent d’ailleurs aussi dans la foulée), un public d’accros  se forme, ça s’emballe un peu de partout, à tort ou à raison,  et voilà comment le rock garage s’installe à Rennes. Profitant de cet épiphénomène, ce premier festival organisé par nos joyeux lurons, c’est en quelques chiffres (même si on n’aime pas ça dans le rock garage !),  11 groupes en 2 jours, 120 personnes en résidence tout le WE et accessoirement 14 futs de bière! La programmation est terrible après coup : la première mouture de Versatil Monster (Arthur à la batterie, un de ses autres coloc’ au clavier),  Sapin, Kaviar Special (un de leurs premiers concerts), Rigg (devenu Dragster par la suite), Catfight… Les groupes se connaissent très peu entre eux à l’époque mais qu’importe comme le relate Arthur Paichereau “On ne se connaissait pas beaucoup. Chouette, Sapin et Versatil Monster, on est des groupes de campagnards mais tous les autres c’est Rennes. On s’entend très bien depuis. L’esprit est légèrement différent à la campagne car on en a juste un peu encore moins à foutre qu’eux… C’est sans doute pour cela qu’avec Sapin, ça a fonctionné dès le début car on en a vraiment mais vraiment rien à foutre de la suite, de ce que le groupe va devenir…”. Avant de surenchérir “Les groupes tels que Chouette, Sapin et Versatil Monster mais aussi tous les autres, on en avait à l’époque rien à faire de l’image qu’on montrait, on voulait juste se marrer et faire marrer, il n’y avait pas de lendemain, on ne réfléchissait pas les groupes dans le temps, le groupe pouvait s’arrêter, on en remontait un dès le lendemain…”. C’est cool n’est-ce pas le rock garage…

Gérald Kergourlay et Julien d’Off\On !

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