Beck au festival de Beauregard, Hérouville-Saint-Clair 1er juillet 2016

Beck est un musicien qui, à l’instar de David Bowie dont il est l’un des fils spirituels les plus évidents, se réinvente à chaque album. Beck a presque tout fait et l’a presque toujours très bien fait: rap, électro, folk, funk, pop, rock, country blues. Il a aussi collaboré à différents projets notamment à « éternel sunshine of a spotless mind » (on se souvient de sa superbe reprise du tube des Korgis « everybody’s got to learn sometime »), excellent film de Michel Gondry, siamois artistique de Beck: même goût pour le « bricolage », même aptitude à revisiter des genres très différents; il a aussi composé pour Charlotte Gainsbourg et chanté sur l’album « 10000 hz légend » d’Air. Plus récemment il a prëté sa voix au titre « tiny cities » de Flume.

Bref, cet artiste protéïforme n’est pas n’importe qui et sa venue en France est un événement. De passage à Beauregard début juillet, le chanteur américain semble être là pour rôder son album à venir (sortie en septembre/ octobre 2016).

Pas de morceaux de « morning phase » son dernier album, chef d’oeuvre de folk panoramique, pas de morceau de « modern guilt », son excellent avant dernier opus électro rock.On est ravis d’entendre les versions live de quelques classiques du 20ème siècle: « loser » (ce titre est sorti en 1994, putain 22 ans!),  » the devils haircut » et « sex laws ».

Le reste du set est essentiellement composé de titres inédits très mainstream. Le teenage slacker des 90’s a laissé place à un showman aguerri qui promène sur scène sa silhouette filiforme et élégante. Le temps n’a pas de prise sur le bonhomme qui pourrait passer pour l’incarnation adulte du petit prince. Seul le port d’un chapeau semble suspect: simple accessoire scénique ou cache calvitie?

Le concert est très efficace. Entouré de quelques requins de studio (notamment l’excellent guitariste Jason Falkner, compagnon de route de Beck, producteur du dernier album de Daniel Johnston), le blondinet scientologue déroule de nouveaux tubes accrocheurs et pêchus.

Bémol cependant: tout est un peu trop calibré. Peut-être à cause d’un batteur, certes brillant mais sous influence Phil « 360° drum kit »Collins. Le temps a passé et le côté bordélique et émouvant du Beck d’il y a vingt ans a laissé place à un professionnalisme sans faille. Mais ne boudons pas notre plaisir même si l’on sent chez Beck un désir de ratisser large, de séduire.

Son dernier album contient de nombreux morceaux qu’on garde en tête après une seule écoute : l’inspiration ne semble pas prête à quitter notre homme. On attend la sortie de l’album pour confirmer ou pas.

Thierry for Off\On !

Photographie : Titouan Massé –  http://titouanmasse.tumblr.com/

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