Inside Llewyn Davis

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Une petite virée dans un des quartiers les plus mythiques de New-York, Greenwich Village, ça vous tente? C’est ce que je vous propose aujourd’hui avec le dernier film des frères Coen “Inside Llewyn Davis”. Ces fameux frères qui ont construit une partie de ma culture cinématographique avec notamment “The Big Lebowski” et “Fargo”, et qui resteront à tout jamais des références absolues pour toute ma génération. Par ailleurs, la source ne s’est jamais tarie et je vous conseille notamment “Arizona Junior”, “No country for old men” (je crois que je n’ai jamais autant flippé au cinéma) et bien sûr “O’Brother”. D’ailleurs, d’un certain côté, on peut dire que ce “Inside Llewyn Davis” est la suite de ce dernier. Après avoir abordé le folk traditionnel, nous voilà plongé à la fin des années 50, période où ce courant musical était devenu obsolète… Mais Bob Dylan était aux aguets et le folk était prêt à renaître de ses cendres. D’ailleurs, c’était une de mes appréhensions avant la projection du film. Je me suis fait l’intégrale de la discographie de Bob Dylan l’année dernière. Je n’ai écouté que ça pendant deux mois, happé par son univers. En passant, j’ai aussi dévoré son autobiographie, “Chroniques volume 1” (ne cherchez pas le 2, il n’est pas sorti et ne sortira sans doute jamais !) et bien sûr visionné le film “No direction Home” qui relate cette période passionnante qui correspond à la renaissance du folk… Par contre, petit hic, musicalement, c’est la période que j’apprécie le moins chez Bob Dylan. Son harmonica me tape sur le système (il changera le son de son instrument fétiche par la suite, pour le plus grand plaisir de mes oreilles). De plus, je n’ai pas la capacité de traduire ces textes en live et donc si la mélodie d’un morceau ne me touche pas, je zappe assez facilement. Et vu que Bob Dylan est considéré comme la référence de cette période (à juste titre?), j’ai peur d’être déçu par le film, musicalement et donc globalement…

Mais quel erreur de jugement! Comment j’ai pu douter? Qui sait mieux raconter l’histoire d’un looser que les frères Coen? Et oui, le film relate les tribulations de ce fameux LLewyn Lewis et de son chat (qui s’appelle de manière évidente Ulysse)…La musique est géniale (en plus les paroles sont traduites) mais surtout surprenante car les frères Coen ont eu une double bonne idée. Premièrement, les morceaux choisis sont très pointus (j’en connaissais aucun avant d’avoir vu le film) et pourtant très accrocheurs dès la première écoute. Deuxièmement, ils sont réinterprétés par les acteurs, ce qui est très culotté mais en fin de compte très bien trouvé, apportant une fraîcheur étonnante aux morceaux. Rien à dire, ils sont forts ces frères Coen. La photographie du film est elle aussi magnifique avec cette couleur blanche pour les extérieurs (au sens propre mais aussi figuré, représentant les éléments extérieurs à la musique) et ce noir chaleureux pour les intérieurs (en particulier les représentations des musiciens). Quant à l’histoire, elle est super prenante et le scénario, basé sur la répétition des faits, est un petit bijou. Une multitude de questions sous-jacentes traverse le film: un musicien peut-il aimer la musique des autres (en particulier ceux qui sont musicalement proches)? Doit-il persévérer ou se faire une raison? Doit-il cacher ces disques non vendus sous la table basse? En somme, plein de questions cruciales…

Terminons cette chronique avec mes deux moments préférés du film. Le premier est cette audition faîte par Llewyn Lewis devant Bud Grossman, le patron du “The Gate of Horn”, un club mythique de Chicago. Il est seul, sans public, et joue une partie de sa carrière en trois minutes chrono. C’est perdu d’avance mais il donne quand même tout ce qu’il a. Ces chansons sont excellentes, il est excellent  mais il est en avance sur son temps, il n’est pas dans  le bon tempo. Très flippant comme scène car ça du arriver des milliers fois dans l’histoire de la musique… Finissons de manière plus joyeuse  avec ce deuxième moment qui est tout simplement jouissif: l’enregistrement studio de “Please Mr. Kennedy”. Je ne sais pas où les deux frères ont trouvé cette chanson mais je l’adore. Et l’interprétation des acteurs est hilarante. Donc oui chaudement recommandé comme film, c’est un grand cru, j’ai adoré et j’ai déjà hâte de le revoir…

Julien for Off\On !

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