Blonde Readhead – Barragan

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Blonde Redhead est un groupe new-yorkais souvent associé (au début en tout cas) à Sonic Youth car new-yorkais justement  et porté sur l’expérimentation sonore. Depuis une vingtaine d’années, le groupe a su développer un style musical  bien à lui. Très photogénique, Blonde Redhead est constitué des frères Pace (des jumeaux grisonnants et filiformes) et de la très belle chanteuse japonaise Kazu Makino au look de lolita (même si elle n’en a plus l’âge) et à la voix troublante. Jusqu’ici, j’avais toujours écouté Blonde Redhead, sans jamais vraiment accrocher : j’aimais l’image véhiculée par le groupe, son intégrité musicale, mais, sur la longueur, trouvais leurs albums trop inégaux. Barragan, dernier album en date m’a fait changer d’avis. C’est un album passionnant  de bout en bout qui aspire l’auditeur et ne le lâche plus. Barragan s’écoute d’une traite et plusieurs fois d’affilée.
L’album commence avec le titre éponyme; c’est un  folk champêtre guitare/flûte traversière qui instaure un climat paisible et tourmenté à la fois : une jolie mélodie brouillée par des sonorités urbaines en arrière plan. On retrouvera tout au long de
l’album ces prises de sons extérieures, transformées par des effets qui créent une étrange impression de proximité.
On voyage dans une pop teintée d’électro, les mélodies et le son, très travaillé, très précis  (ah !La guitare sur « no more honey ») instaurent un climat doux, cotonneux. Les titres, assez lents, baignent dans des arrangement en perpétuelle mutation, rien n’est calibré…

Le morceau de bravoure central en est l’ illustration. De construction spiralaire, « mind to be had » s’étire sur 10 minutes, évolue par petites touches sans tomber dans l’écueil du morceau mille-feuilles et parvient à scotcher l’auditeur malgré sa durée. L’album forme un bloc homogène qui peut faire penser à  un concept album sans les défauts inhérents à ce type de production : virtuosité technique fatigante, arrangements mégalos …
Les mélodies portées par la voix de Kazu Makino sont renversantes et l’usage de certains instruments leur donne une coloration mélancolique, mystérieuse et parfois tragique (les excellents « the one i love » et « penultimo »). Vu sur scène à la route du rock, le groupe utilise pas mal de  technologie sur scène afin de  pouvoir recréer les finesses de
production de l’album.  Les fans de la première heure ont été déçus par cet album jugé trop calme et trop lisse.  Je le trouve au contraire complètement abouti, apaisé et émouvant.

September 2, 2014 – Kobalt

Thierry for Off\On !

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