Elliott Smith – XO

Et si la chanson ultime était là, celle que vous recherchez depuis des années, à portée de vos oreilles… A la position 3 de cet album, une certaine « Waltz #2 ». Voici la clef pour rentrer dans cet album pop magique, écrit et composé à l’époque par un jeune musicien nommé Elliott Smith… Des mélodies accrocheuses, un peu désenchantées, jouées uniquement avec une guitare ou un piano et quelques chœurs féminins. Voilà, c’est tout. Rien d’autre à dire musicalement sur cet album car la musique est une évidence dans cet opus. Cela fait 10 ans que j’écoute inlassablement les albums d’Elliott Smith, notamment celui-ci. Et à chaque fois, je suis transporté par cette simplicité. Car une fois que vous l’avez entendu, il n’y a rien à faire, ça vous reste dans la tête. Et à chaque fois que vous entendrez un morceau soi-disant “folk-rock”, vous penserez irrémédiablement à cet album, à Elliott Smith. Donc, forcément, c’est un risque d’emprunter cet album, car après, ce ne sera plus pareil jamais. Êtes-vous joueur ?…

Si ses albums sonnent  comme des évidences, sa vie a été à l’inverse très compliquée, faite de haut et de bas… Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin. Car, comme la plupart des gens, j’ai connu Elliott Smith le jour de sa disparition… A la lecture des commentaires, des réactions et des hommages qui ont fait suite à ce tragique événement, j’ai compris que j’avais raté quelque chose… Pourtant, j’ai peu d’excuses : je suis mélomane, j’adore le folk-rock, je suis assez calé côté cinéma et en plus je suis mathématicien !!! Quel est le rapport entre tout ça ? Le fameux film de Gus Van Sant, « Will Hunting » : l’histoire d’un petit génie en mathématiques voulant tout simplement vivre sa vie malgré son talent. Ce film est un petit bijou (même si vous n’aimez pas les maths) et a été une rampe de lancement pour les deux acteurs Matt Damon et son compère Ben Affleck qui,soit dit en passant, ont reçu pour ce film un oscar, non pas en tant qu’acteurs mais en tant que scénaristes… Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que la musique est un élément clé dans le film (comme toute bonne B.O., elle n’est pas mise en avant mais est essentielle) et, vous l’aurez deviné, elle est composée de plusieurs titres d’Elliott Smith (“Between the Bars”, “Miss Misery”…). Eh bien, malgré tout ça, j’ai raté le rendez-vous, comme la plupart des milliers de personnes qui ont vu ce film. On a adoré cette musique mais on est passé à autre chose. Pourquoi cette injustice ? Pourquoi ça a marché avec Yann Tiersen et pas Elliott Smith ?  D’ailleurs, juste pour l’anecdote, Elliott Smith s’est fait souffler l’oscar de la B.O. par une certaine Céline avec l’indétrônable « My heart will go on »… Eh oui, c’est bien triste tout ça… Mais ça n’a pas empêché notre interprète d’enchaîner les albums. Son évolution a été assez linéaire, partant d’arrangements totalement acoustiques pour aller de plus en plus vers l’électricité tout en gardant cette magie au niveau de la mélodie. D’ailleurs, il a alterné durant toute sa carrière concerts acoustiques, concerts électriques (comme un certain Neil Young) et je conseille d’ailleurs vivement le bootleg d’un set acoustique donné en mai 2003 à Austin (il faut bien que cette chronique soit aussi utile pour les fans du garçon). Malgré une vie perturbée (problèmes d’alcool et de drogue), son oeuvre est vraiment cohérente et il n’y a rien à jeter. Tout est beau même ses fonds de tiroir (regroupés dans l’album Pink Moon), c’est d’ailleurs un peu incompréhensible d’atteindre un tel niveau.Malheureusement, l’histoire se termine tragiquement, un jour de 2003, dans les mêmes circonstances que celle de Kurt Cobain 10 ans auparavant, c’est-à-dire de manière très obscure avec, notamment, une petite amie pas très claire (thèse du suicide privilégiée mais pas définitive) et des gros problèmes avec son label (le fameux label DreamWorks créé par Spielberg, Katzenberg et Geffen – qui avait notamment lancé Eels avec leur “Beautiful Freak” – et accusé sur ce coup d’avoir refusé le dernier album d’Elliott Smith, considéré trop déprimant à leur goût)… Enfin, c’est comme ça. Il est parti… Il est maintenant souvent cité comme référence par la nouvelle génération folk, et son influence ne fait sans doute que de commencer. Mais tout cela est sans importance, car il suffit juste d’appuyer sur le bouton ON de l’ampli et on comprend immédiatement pourquoi on ne peut plus vivre sans cette musique…   XO

Cover - Xo

Julien for  Off\On !

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